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Mois : juillet 2017

Contribution de l’ADIR à la modification N°1 du PLUI : Robertsau : point 18.6

Contribution de l’ADIR à la modification N°1 du PLUI : Robertsau : point 18.6

L’ADIR entend réagir au projet de modification du PLUI  sur la transformation d’un terrain industriel de 1,5 ha en terrain constructible, communément désigné sous l’appellation «  projet Lana-Rinaldi ».

 

Il apparaît en effet  que  le changement proposé tient davantage du bouleversement que d’une simple rectification de détail, nous amenant à nous poser la question 

  • d’abord du respect  de la démocratie, 
  • ensuite de l’absence de réflexion sur la nature du terrain et sur les risques d’un programme immobiler de cette ampleur,
  • enfin de l’impact  d’un tel projet sur l’ensemble du quartier.

I. Modification du PLUI et  démocratie .

L’élaboration du PLUI a été présentée aux associations, à tous nos concitoyens ainsi qu’ aux élus eux-mêmes  comme étant un moment fort de la vie démocratique . On ne compte plus les réunions, les articles de journaux ainsi que les proclamations sur « la démocratie participative » qui  ont permis à l’EMS d’afficher une posture politique plutôt qu’ils n’ont engagé un réel changement dans le respect que doivent les élus à nos concitoyens.

Concernant le projet Lana-Rinaldi que constatons-nous ?

Cette transformation d’un terrain industriel en terrain constructible de 1,5 ha était connue depuis 2015 et avait fait l’objet d’un article dans les colonnes du Blog de la Robertsau ( décembre 2015) . Les élus consultés à ce propos s’étaient récriés, prétendant que nous leur faisions un procès d’intention et que ce terrain était à vocation industrielle et qu’il le resterait, l’inscription en tant que tel au PLUI étant une garantie suffisante et devant  nous assurer de leur bonne foi.

Trois mois apès l’adoption du PLUI ce n’est pas une modification mais un véritable renversement que l’on nous propose. A ce stade l’on est bien loin de simples ajustements, il s’agit simplement de « noyer », parmi 62 autres modifications, une refonte essentielle en transformant ainsi la vocation de ce terrain.

Remarquons au passage le moment choisi pour l’enquête publique, nos élus semblant ignorer que toute période de vacances a pour principe d’encourager  déplacements et tourisme, diminuant ainsi le nombre de nos concitoyens  disponibles pour s ‘exprimer. Pourquoi la Robertsau échapperait-elle à la règle ?

II. Un manque de réflexion sur la nature du terrain et sur les risques encourus

Le terrain concerné, situé rue de l’Anguille, a une spécificité qu’il partage avec le Port aux Pétroles, il est en effet pollué par des hydrocarbures, puisqu’ il aurait , entre autres, abrité « un dépôt de mazout », comme cela nous est signalé dans la note de présentation. Cela est donc avéré par les services de l’EMS.

Il est également bon de rappeler que la Robertsau a longtemps été le quartier dans lequel il était loisible de déverser les déchets de toute sorte. N’a-t-on pas découvert en octobre 2015, de manière totalement inattendue, des restes d’hydrocarbures et d’antimoine sous l’ancien stade de l’Ill ? En dépit des enquêtes  il fut impossible de retrouver l’origine de cette importante pollution qui mit un coup d’arrêt aux travaux d’une partie de l’Ile aux Sports et entraîna un surcoût du programme aujourd’hui achevé.

L’on connaît l’ampleur, la durée et le coût des travaux de décapage, de traitement et de stabilisation des sols touchés par  ce  type de contaminations. Que les opérations de lavage des terrains soient effectuées sur site ou hors site, elles multiplieront les nuisances et contraindront les riverains de la rue de l’Anguille à supporter une circulation de camions et le vacarme occasionné par les machines. Combien de temps durera cette dépollution ? 

Enfin il nous faut signaler le risque d’inondation aussi bien par remontée d’eau que par débordement du Muhlwasser qui a  conduit dans le passé à considérer cet emplacement comme inconstructible. Il n’est pas inutile de mentionner la crue de janvier 1955 qui a causé de multiples dégâts à la Robertsau et qui a justifié le déclenchement par le Préfet du plan de crise Orsec. Les vieux Robertsauviens s’en souviennent fort bien.

A ce jour l’enquête publique sur le PPRI est signalée comme étant « à venir ». N’est-on pas en droit de mettre en avant le risque de précaution et de se montrer très réservé sur l’implantation d’immeubles  alors que les études et les analyses ne sont pas achevées et que les conclusions ne sont pas rendues ?

III. Impact d’un tel ensemble sur le quartier

Une circulation augmentée en contradiction avec les annonces sur l’utilisation du tram.

La rue de l’Anguille est située à quelques mêtres d’un des carrefours les plus fréquentés de l’EMS. Ce sont les véhicules provenant 

-d’une part, sur l’axe Nord / Sud, des communes au nord de Strasbourg, La Wantzenau, Gambsheim, Killstett et au delà, 

-d’autre part ceux de Schiltigheim, Bischheim, Hoenheim en provenance de l’ouest de l’EMS qui se retrouvent bloqués à ce croisement aux heures de pointe.

 Rajouter 180 logements, c’est, à l’évidence, contribuer à augmenter encore la circulation, les bouchons et la pollution. 

L’argument mis en avant par la Ville que « les habitants de la rue de l’Anguille emprunteront le tram à la station Escale » ne tient pas, puisque la distance d’environ 500m entre les résidences prévues et cet arrêt sera un frein important à l’utilisation de ce mode de transport. La ville encourage par ailleurs l’utilisation des véhicules particuliers en confirmant la construction d’un immense parking souterrain avenue de la Liberté, ce parking se situant précisément au bout de l’Allée de la Robertsau, qui reste l’axe privilégié des automobilistes en provenance de notre quartier.

Un équilibre habitat / entreprises à maintenir.

La Robertsau doit conserver un équilibre entre une population de plus en plus nombreuse et le maintien in situ d’emplois artisanaux et industriels. Or la papeterie Lana constitue, à ce titre, une référence. Depuis le rachat par Mr Brink en 2013  une attention particulière est accordée au respect des normes et à l’amélioration de son intégration dans le quartier. Elle constitue enfin un « bassin d’emplois » puisque nombre de ses ouvriers habitent la Robertsau. 

Il est fortement à craindre que le projet immobilier prévu rue de l’Anguille ne soit que la première tranche d’un plus important  groupe d’immeubles , la deuxième tranche prenant la place de l’usine actuelle située de l’autre côté du Muhlwasser. Il faut garder à l’esprit que Mr Rinaldi est propriétaire des deux lots évoqués, que son achat de ces complexes il y a plusieurs années n’a pas été justifié par une volonté de maintenir l’emploi et qu’il pourrait être tenté de reproduire le même type de constructions à l’emplacement de l’usine actuelle.

Un exemple à ne pas suivre.

Pour les tenants du projet Lana-Rinaldi la tour Schwab située à quelques centaines de mêtres semble être l’exemple à suivre. Réponse d’autant plus surprenante à l’heure où nos édiles se désolent de voir, dans d’autres quartiers, de trop grands immeubles qu’ils s’empressent de détruire pour les remplacer par des constructions de trois ou quatre étages. Parodions la citation de Blaise Pascal « Vérité au deçà du canal de la Marne au Rhin, erreur au delà ». 

En réalité il apparaît bien tentant de changer totalement l’aspect de la Robertsau, d’en faire une « Défense » strasbourgeoise avec des bureaux, en phase de construction au Wacken, et de grands immeubles d’habitations qui contribueront à augmenter le nombre de logements et les taxes foncières et locatives inhérentes sans se préoccuper des difficultés de circulation ou de stationnement, de la constuction des écoles.

D’une manière plus générale ce projet ne peut que  dégrader davantage encore la vie à la Robertsau. Pour toutes ces raisons l’ADIR déclare s’opposer à la transformation du terrain Lana-Rinaldi en terrain constructible.

Jacques Gratecos
Président de l’ADIR

[Tribune] Pourquoi veut-on urbaniser un terrain pollué et inondable de la Papeterie LANA avec des immeubles de grande hauteur qui, de plus, ne s’intégreront pas dans l’environnement urbain de la Robertsau ?

[Tribune] Pourquoi veut-on urbaniser un terrain pollué et inondable de la Papeterie LANA avec des immeubles de grande hauteur qui, de plus, ne s’intégreront pas dans l’environnement urbain de la Robertsau ?

L’ADIR, l’ASSER, le CARSAN et l’Assoc. du PNU réagissent en accord avec les recommandations du Conseil de Quartier Robertsau-Wacken. La Robertsau, hier le quartier des maraîchers et des maisons de campagne des riches Strasbourgeois ; aujourd’hui, le quartier des nantis ? Caricature !

Ce fut aussi un quartier industriel avec des usines phares : la fabrique de bougies créée en 1853 et la Papeterie implantée en 1872 sur le terrain d’un ancien moulin du 16ème siècle et employant jusqu’à 500 personnes. Beaucoup d’ouvriers, agricoles et industriels, qui habitaient ces petites maisons si typiques de la rue du Dr François et des rues avoisinantes que l’extension du tram va impacter lourdement. Actuellement, avec ses 23 000 habitants (au moins), la Robertsau est un exemple intéressant de mixité sociale. Mais son remarquable dynamisme démographique (+ 35 % en 50 ans) a su préserver la qualité de vie du quartier. Pour combien de temps ?

Un promoteur rachète les terrains

Pourquoi un promoteur immobilier rachète-t-il les terrains industriels de la Papeterie en 2005 ?
Cette vente permet de financer un 4ème plan social depuis 1998, la municipalité strasbourgeoise d’alors faisant savoir qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un projet immobilier le terrain étant classé en zone à vocation industrielle. 

En 2013, la Papeterie est à nouveau en redressement judiciaire. Sous l’égide des collectivités un accord est trouvé entre le promoteur M. Rinaldi et le repreneur de la marque et des machines, le danois L.Brinck. 

Ainsi 59 emplois seront sauvegardés, mais à quelles conditions ? Donc pas de quoi inquiéter la population, bien au contraire, sauf que, peu de temps après , commencent des démarches auprès des Services de l’Eurométropole pour essayer de faire valider une urbanisation prévoyant 260 logements en 6 bâtiments dont 3 tours de 50 m sur une partie du terrain situé à l’ouest du canal du Mühlwasser. En vain, semblait-il, puisque le PLUi voté en décembre 2016, après une enquête publique, avait maintenu le terrain en zone industrielle.

Revirement total en janvier 2017.

Les membres du Conseil de Quartier (CQ) sont invités à une réunion : MM Rinaldi, Brinck, Fontanel et Mmes Trautmann et Dreyer leur présentent ce projet immobilier. On y explique notamment qu’il faut savoir être reconnaissant à Mr Rinaldi !

Défavorable au projet et conforté par l’hostilité des riverains lors de la réunion publique du 13 mars, le CQ, dans une 1ère lettre adressée à l’adjointe de quartier, fait part de ses grandes réserves à ces constructions prévues, si mal intégrées à l’environnement voisin. Le CQ, invité à une nouvelle réunion, avec le maître d’œuvre (EDIFIPIERRE), apprend alors que le Maire n’a pas validé le projet et qu’après réflexion la municipalité demande de réduire la hauteur des immeubles à R+9 (28m) et le nombre de logements à 160. Ces immeubles ne s’intégrant pas davantage, le CQ maintient ses réserves et les exprime dans une seconde lettre adressée à l’adjointe de quartier le 2 juin.

 » Le Conseil de Quartier recommande d’utiliser ces terrains pour une extension du Parc Naturel Urbain entre le Mühlwasser et la villa Schmidt.
Si cependant la ville donnait quand même son accord pour une urbanisation, il n’y a aucune raison qu’elle soit plus dense que celle qui vient d’être réalisée harmonieusement rue de la Baronne Oberkirch ou celle prévue rte de la Wantzenau près du Fuchs am Buckel. C’est pourquoi celles-ci devraient servir d’exemples à suivre, surtout dans ce secteur où l’on doit veiller au lien social. »

Comme seule réponse, le CQ est informé qu’une enquête publique a commencé le 26 juin (jusqu’au 28 juillet) sur des modifications du PLUI. En fait 4 modifications du PLUi concernent la Robertsau, dont la transformation du terrain LANA, côté Ouest, en zone constructible avec possibilité de construire jusqu’à une hauteur de 28 m.

La note de présentation confirme la lourde pollution du sol niée lors des réunions au point qu’il y aura interdiction de cultures en pleine terre. Ni caves, ni garages en sous-sol, vu les risques d’inondations. Par contre aucune information sur le fait que cette hauteur de 28 m est au moins le double de celle de bâtiments existant dans un rayon de 400 m, autour, que ces nouveaux bâtiments seront enclavés, que ce type d’urbanisation en hauteur est contraire à tout ce qui est entrepris ailleurs à la Robertsau et que cette parcelle est située près d’un carrefour très encombré (30 000 v/j). Pourquoi cette hâte à répondre à la demande d’un promoteur ayant spéculé ? Y-aurait-il déjà d’autres étapes dans les cartons ? Est-ce pour susciter une nouvelle centralité au détriment du centre historique des alentours du Foyer St Louis ?

C‘est pourquoi les associations représentatives de la Robertsau et le CoQ se sont unis pour lancer un appel solennel à la municipalité : il faut revenir à une vraie démocratie participative avec la volonté de respecter les habitants et de valoriser la qualité de vie garante du lien social. Il faut surseoir et discuter au lieu de passer en force. Par dogmatisme ? Par reconnaissance ? En tout cas au détriment de l’intérêt général !

Vous refusez de voir le quartier défiguré ? Participez à l’enquête publique et manifestez, à votre tour, votre opposition ! Peut-être les réactions lors de l’enquête publique en cours feront-elles que dogmatisme et intérêt particulier d’un promoteur seront balayés. Mais, quoi qu’il arrive, les Robertsauviens resteront déterminés à défendre des solutions raisonnables.

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