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Catégorie : Histoire

Quand l’histoire d’une famille raconte l’histoire de notre quartier

Quand l’histoire d’une famille raconte l’histoire de notre quartier

Les amateurs de vieilles cartes postales sont gâtés lorsqu’ils se mettent en quête de photographies représentant les anciens cafés et restaurants de la Robertsau. En effet notre quartier en comptait au début du 20ème siècle un grand nombre dont la plupart ont aujourd’hui disparu. Cependant l’un d’entre eux est toujours debout, bien campé au début de la rue Boecklin.

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Il se nomme Au Bon Pasteur connu avant 1918 sous le nom de Zum guten Hirten. Le pas-sant curieux, s’il daigne s’attarder quelques secondes devant le portail situé entre le restaurant et la boutique Toutou et Gros Minet, parvient à distinguer dans le fond de la cour un hangar d’un autre âge précédé d’un auvent. Qui sait à la Robertsau que ce lieu abrita jusqu’en 1902 un élevage de taureaux ?

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Histoire : Mélanie de Pourtalès, connue jusqu’au Brésil

Histoire : Mélanie de Pourtalès, connue jusqu’au Brésil

Un de nos fidèles lecteurs, Michel Beiger, créateur et ancien propriétaire du restaurant La Vignette de 1983 à 2003, nous a fait parvenir ce texte.

L’été dernier, de retour de vacances, mon goût pour les expo-
sitions m’amène à passer par Martigny, en Suisse, où la fondation
Pierre Gianada présente des œuvres du peintre Pierre Auguste Renoir.
Parmi les nombreux tableaux exposés, dont beaucoup de portraits, quel étonnement de découvrir une grande huile sur toile de 95 sur 77 cm réalisée en 1877 et intitulée « La Comtesse de Pourtalès née Mélanie de Bussière. » Hé oui, il
s’agit bien de notre Mélanie, à nous Robertsauviens, celle qui a donné son nom à une rue de notre quartier (rue qui mériterait d’ailleurs de s’appeler Rue Mélanie de Pourtalès ou Rue de la Comtesse Mélanie, pour honorer un peu plus dignement la mémoire de cette grande dame).

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Comment la Comtesse Mélanie a-t-elle rencontré Renoir qui, à cette époque, à 36 ans, est déjà célèbre et vit à Paris ? La réponse se trouve dans les bouleversements que l’Histoire a fait subir à notre région.

Après la défaite de 1870 et le Traité de Francfort qui livrait l’Alsace à l’Empire allemand, Monsieur de Bussière, le père de Mélanie, dut avec sa famille opter officiellement pour la nationalité française. Il put cependant continuer, ainsi que ses enfants, à faire de longs séjours en été et en automne à la Robertsau, dans le château qui restait sa propriété. A Paris, c’est dans leur hôtel particulier de la rue Tronchet qu’ils élurent domicile.

A la mort de son père, Alfred de Bussière, en 1887, Mélanie hérita du château de la Robertsau et en fit, jusqu’à sa mort en 1914, un véritable centre de culture en Alsace annexée et un lieu de rendez-vous pour des visiteurs prestigieux venus de France et de nombreux pays d’Europe.

C’est donc pendant la période de repli à Paris que Renoir brosse son portrait. En 1877 Mélanie a 40 ans, elle est encore belle, peut-être n’y retrouve-t-on pas la beauté qui se dégage du célèbre portrait de Winterhalter, alors qu’elle n’avait que 20 ans.

Un mystère subsiste : par quel hasard ce tableau s’est-il retrouvé en
Amérique du Sud où il est actuellement la propriété du Museu de Arte de Sao Paulo.

Michel Beiger

Histoire : Français ou Pandoures, mêmes combats.

Histoire : Français ou Pandoures, mêmes combats.

A la Robertsau, c’est avec beaucoup d’attention que l’on suit la restauration du Canal des Français. Si les premiers résultats ont emporté le scepticisme plus que l’adhésion, peut-être est-ce  dû à la place mythique qu’occupe cet ouvrage dans le cœur des Robertsauviens.

En effet c’est plutôt la nostalgie, voire la déception qui transparaît au travers des discussions avec les anciens. Ils croyaient retrouver l’endroit où, en été, ils pratiquaient nage et canotage, et c’est ce qu’ils qualifient de « fossé » ou de
« mare » qu’ils ont à présent devant les yeux.

Selon les représentations que l’on s’en fait, ouvrage militaire ou paradis des canotiers, les réactions sont bien différentes. Les moins déçus, ce sont les historiens férus de « poliorcétique », c’est ainsi que l’on désigne la technique du siège des villes. Ils soulignent que le « canal des Français » ne servait qu’à réguler les eaux des fossés de la citadelle, destinée à assurer la présence des Français, les
troupes de Louis XIV, dans le but de protéger la nouvelle frontière. Et aux Robertsauviens si fiers de voir renaître près de trois kilomètres de leur cher canal, ils rappellent que notre quartier n’abritait qu’une toute petite partie de ce qui fut une véritable voie d’eau. En effet, sur une longueur de 42,3 km, il reliait la citadelle de Strasbourg à Seltz, dans le but d’acheminer troupes et matériel de guerre.

Et les Pandoures, alors ?

Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle espèce de batraciens découverts lors des opérations de remise en eau du canal. « Pandoure » (ou « pandour ») est un terme croate désignant des troupes irrégulières dans les armées de l’empire d’Autriche, mot qui donnera en français « pandore », employé familièrement pour désigner le gendarme. Les Pandoures hantent les légendes alsaciennes depuis le 18ème siècle, au point de devenir synonymes de « croquemitaines » ou de « pères fouettards ». A l’instar des Suédois, les Pandoures rattachent les Alsaciens aux périodes de pillage et de violence dont notre région a été si souvent la victime.Tentons à présent d’oublier ce passé belliqueux d’un cours d’eau aujourd’hui bien tranquille, privilégions plutôt son caractère pacifique et songeons aux perspectives promises par les nouvelles roselières faisant miroiter le château de Pourtalès.

Jacques Gratecos

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Photo EJ / BDLR

 

Patrimoine : Le foyer Saint-Louis

Patrimoine : Le foyer Saint-Louis

La décision de la paroisse de vendre l’actuel foyer St Louis a donné lieu à de multiples protestations. Avec l’autorisation du Blog de la Robertsau, nous en citons l’une des plus pertinentes.

Commentaire de Marc Hoffsess à l’article « Foyer St Louis : sa fin de vie est programmée » du 27 juin 2014 sur le Blog de la Robertsau http://www.robertsau.eu :

Si ces projets se concrétisent, c’est un pan entier de la mémoire de notre quartier qui disparaîtra. Le foyer Saint-Louis, c’est 100 ans de vie associative, paroissiale, familiale, un lieu qui résonne encore des cris d’enfants scouts, des exclamations de joie des mariages, des éclats de rire des pièces de théâtre alsacien, des prières et chants oecuméniques lorsqu’il servait de lieu de culte durant les travaux des églises catholique et protestante du quartier, des invectives échan- gées lors des réunions publiques ou électorales,…

Qui, habitant de la Robertsau, n’y a jamais vécu de ces moments- là ? Le foyer Saint-Louis, c’est le « Bengeles » de la première moitié du siècle dernier, club de gymnastique, de basket, puis club de handball, oui, le FCJ – Foyer Club des Jeunes – qui deviendra l’ASL Robertsau, est né ici. Que dire des kermesses, des spectacles, des « gärtnerowe » et des « Saint- Fiacre », qui rythmèrent durant des années la vie de ce foyer ? Des générations de Robertsauviennes et de Robertsauviens ont vécu le Foyer Saint-Louis, pour des instants de joie, de partage, de peines aussi.

Qui acceptera que cette mémoire- là soit gommée ?

Ce serait la paroisse Saint-Louis elle-même, qui détruirait ce qu’elle a apporté à ce quartier ?

La paroisse Saint-Louis elle-même, son curé, ses animateurs, ses fidèles, qui effaceraient d’un coup d’éponge immobilière le supplément d’âme qu’avec son foyer, elle a apportée à notre quartier ? Ceci est proprement incompréhensible.

Le Foyer Saint-Louis doit demeurer, dans ses fonctions associatives, familiales, collectives et sociales. Il doit continuer à être ce lieu de convivialité et de rencontre, au service de notre vie collective, au coeur de notre quartier.

Quoi en faire ? Mais ce qu’il a toujours été !

On ne sait rien encore du projet de nouveau foyer, envisagé à côté de l’église. Mais ce nouveau foyer paroissial ne doit pas conduire à la destruction de l’actuel foyer Saint-Louis, que nous rêvons en lieu municipal de réunions, de spectacles, d’expositions et de rencontres, ouverts à toutes et à tous. Le foyer Saint-Louis, lieu patrimonial de mémoire collective, doit être considéré comme un lieu public, appartenant à tous. Puisque la paroisse se défait de cette responsabilité collective, il incombe désormais à ceux qui sont en charge de la vie de la collectivité, de ce fameux « vivre ensemble » dont on se targue tant, de le sauver.

Demande de protection au titre des monuments historiques

La Direction des Affaires Culturelles de la préfecture a répondu à la demande d’inscription au titre des monuments historiques de divers éléments du centre de la Robertsau, déposée par l’association Patrimoine et Modernité de la Robertsau.

« Par correspondance du 12 mars 2014 reçue à la conservation régionale des monuments histo- riques, vous avez souhaité que le foyer paroissial Saint-Louis sis 3 rue du Docteur Maurice Freysz puisse bénéficier d’une mesure d’inscription au titre des monuments historique au vu de son intérêt patrimonial et historique. Par ailleurs, je me dois de vous préciser que le Collège ainsi que le Presbytère catholique est en cours d’instruction… »

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Histoire du quartier du Tivoli à Strasbourg

Histoire du quartier du Tivoli à Strasbourg

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I. De la nuit des temps au 19ème siècle

Ce petit quartier, habité par cent cinquante familles environ, situé au nord de Strasbourg, juste avant le Wacken puis la Robertsau, se trouve actuellement cerné de grandes institutions prestigieuses. Ainsi au nord, le Conseil Régional, le Rhénus, le parc des expositions, le Maillon, au nord-est le Parlement Européen, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, le Conseil de l’Europe, à l’est Arte, au sud les bâtiments de France 3 et à l’Ouest le Palais des Congrès. Associé dans cette même enceinte à la Cité Ungemach, le quartier du Tivoli bénéficie ainsi d’un ensemble de rem- parts prestigieux. On songe même à les renforcer par la création d’un quartier d’affaires, par l’agrandissement du Palais des Congrès et par la construction d’un nouveau parc des expositions à l’ouest.

De l’avis de tous, le quartier – malgré la proximité du centre ville – bénéficie d’un environnement très agréable, traversé par une rivière, l’Aar, bénéficiant d’un joli parc et présentant des maisons construites pour la plupart au début du siècle dernier, d’une architecture avenante.

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Strasbourg à la fin du 17ème siècle

Mais venons-en aux origines.

Comme le rappelle Eric STUMM, l’historien du quartier, jusqu’au Moyen-Age l’endroit est manifestement sauvage avec une ambiance de commencement du monde, un entre- lacs de bras d’eau non loin de la confluence entre le Rhin, l’Ill, la Bruche et – à l’est – la Kinzig, des marécages, des bancs de terre voyageant au gré des crues, des moustiques…

Nous sommes alors loin des murailles de Strasbourg qui s’élargissent néanmoins amplement entre le 12ème et le 15ème siècle. A la même époque, le Strasbourgeois ressent l’impérieuse nécessité de lutter contre les crues du Rhin, de le canaliser, ce qui a permis d’assainir le secteur par la construction de digues, de chéneaux d’évacuation et par la suppression de certains bras d’eau. Une végétation beaucoup plus stable se développe dans le secteur, qui deviendra un espace boisé. Les cours d’eau le parcourant accueilleront différentes familles d’échassiers, d’où vraisemblablement l’appellation originaire d’ « Ile Jars ».

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Plan de Strasbourg – 1775

Entre les 16ème et 17ème siècles, on voit l’installation à l’endroit actuel du Parc des Contades, du lieu d’entraînement de la confrérie des arquebusiers et des tireurs dénommé Schiessrain, l’Ile Jars en constituait le prolongement naturel.

En 1714 naît la première construction sur l’Ile Jars, celle réalisée par Antoine d’Andlau et son épouse Marianne Klinglin, appelée le château de l’Ile Jars.

Le 18ème siècle, c’est la période la plus prestigieuse du quartier. Les nobles, propriétaires ou occupants du château, parmi lesquels le Maréchal de Coigny puis le Marquis de Contades, eurent suffisamment d’influence pour accueillir l’intelligentsia française, tel Voltaire en 1753 qui a donné son nom à une des rues du quartier, et Jean-Jacques Rousseau, aperçu là en 1765.

Oserions-nous dire qu’à Strasbourg, devenue française depuis 1681, au goût de la fête doit être associé celui de la gastronomie ?

Nous en aurions un exemple au Tivoli puisqu’à cet endroit, le plat gastronomique français par excellence y est né : nous voulons parler du foie gras.

En 1778, le Marquis de Contades a embauché un jeune chef cuisinier, Jean-Pierre Clause, et a exigé de lui une cuisine résolument française. Clause s’exécuta et confectionna une croûte ronde, farcie de foie gras entier, complétée de farce de veau et de lard, le tout recouvert d’un couvercle et mis au four à feu doux. Ce fut un succès, une acclamation parvenue très vite aux oreilles du roi Louis XVI et du célèbre Brillat-Savarin. Jean-Pierre Clause poursuivit par la suite sa carrière de producteur de foie gras rue de la Mésange à Strasbourg.
Il demeure que nous pouvons affirmer, sans la moindre forfanterie, que le foie gras est bien né au Tivoli !

C’est à la même époque que le Maréchal de Contades a fait aménager un ensemble de parcs-promenades entre le parc des Contades, qui porte bien entendu son nom, et le Tivoli, encore enrichi au 19ème siècle par les initiatives du maire de Strasbourg Frédéric Schutzenberger.

A proximité immédiate l’activité maraîchère se développe à la Robertsau, mais aussi à l’emplacement de l’actuel Palais des Congrès. Entre les deux, l’île du Wacken voit se développer une importante activité industrielle, due à la présence de rivières et à la possibilité d’aménager des chutes d’eau. Déjà, en 1726, un moulin à papier, propriété de Louis-François Rousselot, est autorisé à s’y implanter.

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Carte du siège de Strasbourg du 8 août au 28 septembre 1870

En 1739, le Baron Louis Beyerle, directeur de la monnaie à Strasbourg, a obtenu l’autorisation d’y établir un atelier d’affinage de métaux précieux. Puis l’on vit s’installer une industrie de produits chimiques, la raffinerie alsacienne de sucre, ensemble avec la tannerie Herrenschmidt et les constructeurs de bateaux Pauli et Kientz. Finalement au 20ème siècle, on y créa un parc d’exposition.

Quant au quartier du Tivoli, désormais séparé du parc des Contades par la construction – au 19ème siècle – des nouvelles enceintes de la ville, il soignera jusqu’au milieu du 20ème siècle sa vocation de parc de loisirs, rapidement complété entre les années 1900-1920 d’une zone d’habitation sur laquelle nous reviendrons.

Carte du siège de Strasbourg du 8 août au 28 septembre 1870

II. Le Tivoli du 19ème siècle à nos jours

Dans notre précédent article, nous avons laissé le Tivoli au courant du 19ème siècle, ayant l’aspect d’un grand parc de promenade conjugué avec le parc des Contades. Durant la première partie du 19ème siècle, le maire Frédéric Schutzenberger a engagé une grande campagne de plantations d’arbres destinée à réaménager les parcs du Wacken, des Contades et de l’Orangerie. Dans ce cadre, le parc des Contades et de l’Ile Jars forment un bel ensemble d’espaces verts aménagés et très prisés par les Strasbourgeois, comme nous le rappelle Eric Stumm dans son livre consacré au Tivoli.

Citons à ce sujet la relation qu’en fait Frédéric Piton en 1855 :

« Quittant la porte des juifs après avoir dépassé les glacis de la ville, nous arrivons par le rond-point dans les jardins à droite et à gauche de la chaussée. Un chemin bordé de peupliers conduit vers Schiltigheim, en face une double allée nous mène à l’auberge du Schiessrain et vis-à-vis au Jardin Lips ; il y a sur la place beaucoup d’animation, des messieurs en redingote en conversation avec des dames élégantes en robes à crinoline, bien d’époque, accompagnées de leurs enfants ; dans la foule, des officiers de la garnison en uniforme de sortie ne passent pas inaperçus. En poursuivant nous arrivons au Jardin Kammerer où le chemin se termine par une haute charmille. Plus loin à gauche, le long d’un bras de la Bruche (l’Aar), à la limite de la séparation entre Contades et Ile Jars un beau café avec balcon appelé café d’été ; un bain en fait partie assidûment fréquenté durant la belle saison. En face nous apercevons au fond de son parc le château de l’Ile Jars. »

Maison du Tivoli (source : « Le Tivoli » d’Eric Stumm)
Maison du Tivoli (source : « Le Tivoli » d’Eric Stumm)

La guerre est déclarée entre l’Allemagne et la France le 19 juillet 1870. Après la capitulation, le 27 septembre 1870, les troupes allemandes entrent dans Strasbourg. L’administration allemande revoit entièrement l’urbanisme de la ville et bien entendu ses fortifications.

C’est ainsi qu’à partir de 1876, de nouvelles fortifications sont construites selon les plans du Maréchal Moltke et séparent ainsi pour la première fois le secteur de l’Ile Jars du parc des Contades, enfermé désormais derrière la volumineuse porte de Schiltigheim.

Durant la guerre de 1870, le château de l’Ile Jars a été très endommagé par les bombardements. Il fut reconstruit quelques années plus tard, puis divisé en deux parties, dont l’une fut habitée après la première guerre mondiale par le célèbre professeur Leriche.

Mais revenons-en au quartier du Tivoli qui, à la suite de la guerre, semble définitivement acquérir son nom. En effet, au Tivoli, la brasserie Gruber a ouvert un restaurant, haut lieu gastronomique, très fréquenté par la bourgeoisie, mais aussi par les étrangers en visite à Strasbourg. Le parc entourant le restaurant est agrémenté de différentes attractions, carrousels, balançoires, jeux de quilles et même un rocher d’escalade, pour le plus grand plaisir des enfants. Derrière le restaurant se trouve une très grande salle avec une scène spacieuse, un parterre, des balcons, le tout amplement décoré à la mode de l’époque, et pour- vue d’une maquette de Zeppelin accrochée au plafond. On y a accueilli des banquets, des fêtes de toute sorte, des bals organisés par les sociétés sportives et culturelles, des réceptions, des concerts …. Un kiosque à musique accueillait également des concerts en plein air.

Alors qu’en 1878, une grande partie des terrains du Tivoli avaient été expropriés par l’administration militaire allemande pour l’extension des remparts, les propriétaires d’alors, principalement la famille Schutzenberger, ont finalement été autorisés à utiliser une partie des terrains pour la construction d’immeubles d’habitation résidentiels, mais avec des conditions strictes :

  • les constructions ne pourront être que des villas avec rez-de-chaussée, un étage et des mansardes
  • interdiction d’y exploiter une auberge ou tout autre métier ou commerce

Ces ventes constituent l’acte de naissance du quartier du Tivoli et engendrent la création des rues telles que nous les connaissons encore aujourd’hui.

Les constructions ont été réalisées principalement entre les années 1900 et 1918. Après la fin de la première guerre mondiale, on peut noter la disparition des fortifications séparant le Tivoli et la ville et du restaurant créé par le brasseur Gruber, laissant place en 1939 au parc du Tivoli.

Tivoli3Depuis lors, le quartier n’a pas beaucoup évolué, preuve de la qualité de vie y régnant. Par contre son environnement immédiat a considérablement changé, à commencer par le Lycée Kléber, le groupe scolaire Branly, la maison de la radio, le Palais des Congrès, le parc des expositions du Wacken, puis les différents bâtiments du Conseil de l’Europe et du Parlement Européen, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, le Conseil Régional, le siège d’Arte, le Théâtre du Maillon… Le quartier est ainsi ouvert aux visiteurs venant aux manifestations du Palais des Congrès et de la Musique, aux expositions du Wacken, aux spectacles de la maison de la radio et de la télévision, ou pour assister aux sessions du Parlement Européen… Visites à l’occasion desquelles ils peuvent apprécier le soin que les habitants du quartier ont mis à la préservation du patrimoine…

Pourvu que cela dure…

JPK