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Mois : septembre 2014

Végétation et ville : l’esprit de reconquête

Végétation et ville : l’esprit de reconquête

Il fut un temps pas si lointain où de nombreuses maisons de la Robertsau étaient flanquées d’un “Vordergarte”, un jardin de devant. Il en subsiste ici où là quelques vestiges, rue du Docteur François ou chemin de la Prairie par exemple.

Mais la plupart des petites rues se sont vues frappées d’alignement et d’arides et noirs trottoirs ont pris la place de ces petits espaces verts. Aujourd’hui, dans le sillon de la politique du “zéro pesticide” menée par la municipalité, la végétation reprend vaillamment ses droits : entre les dalles, dans les interstices entre façade et chaussée, à des endroits où un peu de terre s’accumule, pousse tout un herbier sauvage.

Et si, au lieu de désherber, on donnait un coup de pouce à cette génération spontanée, tout en augmentant l’espace dédié au monde végétal dans nos quartiers… ?

L’idée est simple. La jonction entre le trottoir et les murs des habitations représente un linéaire important. L’opération consiste à valoriser ces espaces en végétalisant les façades des maisons et le pied des immeubles. En enlevant du macadam sur le trottoir, le long de la maison, sur un espace de 15 cm de large environ, on pourrait accueillir des plantes désirées plutôt que subies. Une démarche qui pourrait se baser sur le volontariat des habitants. La ville prend en charge le découpage du trottoir aux endroits souhaités et les habitants ensemencent la bande de terre à leur goût, en assurent l’entretien, en s’engageant à ne pas utiliser de pesticides, prolongeant ainsi l’action de la collectivité.

La démarche présente bien des avantages. Esthétique : le paysage urbain s’en trouve bonifié. Ecologique : elle favorise l’apparition d’insectes, d’oiseaux et, en permettant l’infiltration des eaux de pluie, elle limite les risques de saturation du réseau d’écoulement des eaux. En outre les murs de végétaux fixent les poussières et certaines particules polluantes et contribuent, à leur modeste échelle, à améliorer la qualité de l’air.

Autre facteur à mettre à leur actif : les plantes retiennent le rayonnement solaire, augmentent le taux d’humidité dans l’air et apportent ainsi de la fraîcheur en milieu urbain. Et pour peu que l’on fasse le choix de plantes grimpantes, celles-ci permettent aussi de lutter contre les tags. Utopie ? Pas tant que ça. En tout cas l’opération fonctionne depuis plusieurs années à Rennes sous l’appellation “Embellissons nos murs”. « A ce jour, ce sont 260 personnes qui se sont engagées dans la démarche et 1,3 km de façades qui ont été végétalisés », précise Nadine Condemine, responsable à la Direction des jardins de la ville de Rennes.

Mais revenons à la Robertsau et poussons la logique plus loin : pourquoi en effet ne pas envisager carrément le retour de jardins de devant ? Je vois déjà les nains de jardin applaudir, les tulipes hocher du chef et les poireaux frétiller de toute la longueur de leurs feuilles !

Alors, pour l’amour des plantes, le plaisir des yeux et des papilles, que (re)vivent ces jardins 

Bernard Irrmannn

En savoir plus sur l’opération « Embellissons nos murs »

vraioufaux

L’édito du président : Ne pas se tromper de combat

L’édito du président : Ne pas se tromper de combat

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Au risque de choquer ceux qui attendraient de le voir mis sous cloche, nous répliquons qu’à l’instar d’un être humain il lui faut grandir et prospérer plutôt que de se scléroser. Cette position n’est en rien contradictoire avec notre engagement de toujours, vouloir protéger le patrimoine de la Robertsau et, lorsque cela nous paraît nécessaire, nous nous échinons pour tenter de préserver la serre du Kaysersgueth ou le jardin de l’église.

Quand c’est la sécurité des Robertsauviens qui est en jeu, nous sommes encore sur le pont, remettant en cause un PPRT qui ne respecte pas sa raison d’être, à savoir protéger les Robertsauviens. Nous préférons aller jusqu’à ester en justice, être taxés de « procéduriers » plutôt que de lésiner sur votre sûreté. Ainsi le titre du film d’Alain Courneau, Stupeur et tremblements, qui apparaît sur notre couverture, illustre notre état d’esprit face à ce projet : Un forage de géothermie profonde en plein milieu du Port aux pétroles et de toutes ses dangereuses cuves. C’est pourquoi nous avons aussitôt réagi : rencontres avec nos voisins allemands déjà particulièrement sensibilisés aux conséquences des séismes liés au forage à Landau, entrevue avec deux professeurs spécialistes de géothermie. Cela a abouti à l’élaboration d’un dossier le plus exhaustif possible, afin que vous disposiez de tous les éléments nécessaires pour forger votre jugement. (Retrouvez la synthèse de nos travaux dans le dossier en page centrale.)

Aujourd’hui, force est de constater l’ampleur des risques que ferait courir une telle opération, évidemment financièrement très rentable pour l’entreprise exploitante, mais particulièrement hasardeuse pour notre quartier et même toute la Ville de Strasbourg, car sachez-le, les séismes frappent 10 km autour du forage…

En revanche sur d’autres projets, comment ne pas regretter que certains se trompent de combat ?

Refuser l’extension de la ligne de tram jusqu’à l’Escale, c’est ne pas se préoccuper de l’augmentation de la circulation automobile et de la pollution qui l’accompagne. Ne pas utiliser l’emprise réservée depuis des décennies pour la voie du tram, c’est encourager la création d’une route au même endroit, car elle se révèlera indispensable si le prolongement de la ligne n’est pas réalisé. Affirmer que l’on prive les enfants fréquentant l’Escale d’une aire de jeux, c’est oublier que cet espace avait été concédé en attendant la réalisation de l’extension du tram. C’est aussi oublier qu’en son temps l’Escale s’était prononcée contre l’installation d’une maison de l’Enfance à côté du bâtiment actuel.

Il ne faut pas tromper les Robertsauviens. À l’ADIR, oui, nous aimons la nature et la place que nous offrons au CINE de Bussière dans chacun de nos numéros confirme l’appui que nous entendons accorder à toute association qui place l’environnement au cœur de son projet. À ceux qui s’estiment lésés rappelons que l’addition d’intérêts particuliers ne sera jamais à la hauteur de l’intérêt général. Au contraire, accepter de se voir privé de la jouissance de quelques mètres carrés de jardins appartenant depuis des années à la Ville, c’est manifester l’attention que l’on porte à la Robertsau et veiller au bien-être des générations futures.

Jacques Gratecos

Président de l’ADIR

trame

L’Echo de la Robertsau N° 254

L’Echo de la Robertsau N° 254

Le numéro 254 de l’Echo de la Robertsau est prêt à arriver dans votre boite aux lettres

Nous remercions nos annonceurs qui, par leur confiance renouvelée, assurent la pérennité de l’Echo de la Robertsau et la diffusion de nos informations. L’Echo de la Robertsau encourage ses lecteurs à soutenir le commerce de proximité :les commerçants et artisans de la Robertsau

Dans quelques jours, les distributeurs bénévoles de l’ADIR vont sillonner les rues de la Robertsau pour vous distribuer ce numéro :

Au sommaire : 

  • Histoire du quartier du Tivoli à Strasbourg
  • Végétation et ville, l’esprit de reconquête
  • Séismes à la Robertsau
  • Extension de la ligne E du Tram
  • De facilité à prescrire et à recommander à la difficulté d’appliquer
  • Un nouveau départ pour LANA
  • L’agenda

Pour disposer de version numérique de ce numéro (PDF) il suffit de cliquer sur l’image ci dessous, ou de le télécharger via notre page ECHO où vous y trouverez également les anciens numéros.

ECH_Numéro-254