Végétation et ville : l’esprit de reconquête

Végétation et ville : l’esprit de reconquête

Il fut un temps pas si lointain où de nombreuses maisons de la Robertsau étaient flanquées d’un “Vordergarte”, un jardin de devant. Il en subsiste ici où là quelques vestiges, rue du Docteur François ou chemin de la Prairie par exemple.

Mais la plupart des petites rues se sont vues frappées d’alignement et d’arides et noirs trottoirs ont pris la place de ces petits espaces verts. Aujourd’hui, dans le sillon de la politique du “zéro pesticide” menée par la municipalité, la végétation reprend vaillamment ses droits : entre les dalles, dans les interstices entre façade et chaussée, à des endroits où un peu de terre s’accumule, pousse tout un herbier sauvage.

Et si, au lieu de désherber, on donnait un coup de pouce à cette génération spontanée, tout en augmentant l’espace dédié au monde végétal dans nos quartiers… ?

L’idée est simple. La jonction entre le trottoir et les murs des habitations représente un linéaire important. L’opération consiste à valoriser ces espaces en végétalisant les façades des maisons et le pied des immeubles. En enlevant du macadam sur le trottoir, le long de la maison, sur un espace de 15 cm de large environ, on pourrait accueillir des plantes désirées plutôt que subies. Une démarche qui pourrait se baser sur le volontariat des habitants. La ville prend en charge le découpage du trottoir aux endroits souhaités et les habitants ensemencent la bande de terre à leur goût, en assurent l’entretien, en s’engageant à ne pas utiliser de pesticides, prolongeant ainsi l’action de la collectivité.

La démarche présente bien des avantages. Esthétique : le paysage urbain s’en trouve bonifié. Ecologique : elle favorise l’apparition d’insectes, d’oiseaux et, en permettant l’infiltration des eaux de pluie, elle limite les risques de saturation du réseau d’écoulement des eaux. En outre les murs de végétaux fixent les poussières et certaines particules polluantes et contribuent, à leur modeste échelle, à améliorer la qualité de l’air.

Autre facteur à mettre à leur actif : les plantes retiennent le rayonnement solaire, augmentent le taux d’humidité dans l’air et apportent ainsi de la fraîcheur en milieu urbain. Et pour peu que l’on fasse le choix de plantes grimpantes, celles-ci permettent aussi de lutter contre les tags. Utopie ? Pas tant que ça. En tout cas l’opération fonctionne depuis plusieurs années à Rennes sous l’appellation “Embellissons nos murs”. « A ce jour, ce sont 260 personnes qui se sont engagées dans la démarche et 1,3 km de façades qui ont été végétalisés », précise Nadine Condemine, responsable à la Direction des jardins de la ville de Rennes.

Mais revenons à la Robertsau et poussons la logique plus loin : pourquoi en effet ne pas envisager carrément le retour de jardins de devant ? Je vois déjà les nains de jardin applaudir, les tulipes hocher du chef et les poireaux frétiller de toute la longueur de leurs feuilles !

Alors, pour l’amour des plantes, le plaisir des yeux et des papilles, que (re)vivent ces jardins 

Bernard Irrmannn

En savoir plus sur l’opération « Embellissons nos murs »

vraioufaux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CAPTCHA ImageChange Image

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.