Le Port aux pétroles : danger et avenir

Le Port aux pétroles : danger et avenir

Le port aux pétroles de Strasbourg regroupe cinq types d’activités :

  • le stockage de produits pétroliers
  • la production et le stockage d’oxy- gène liquide
  • le stockage de produits chimiques
  • le traitement de déchets spéciaux
  • des activités sans lien avec le pétrole

Les quatre premières relèvent pour huit entreprises d’un classement Seveso seuil haut. Un premier zonage du Plan de Prévention des Risques Technologiques, présenté en 2010, devait aboutir au déménagement d’une dizaine d’entreprises non classées Seveso et à la fermeture à la circulation de plusieurs voies.



En 2012 un nouveau zonage réduit est présenté. Du coup, celui -ci adopté dans le PPRT, ne coûte pas cher, ce qui permet aux autorités d’exclure le déménagement du port aux pétroles.

En s’appuyant sur les règlements officiels, non respectés en l’état, l’ADIR a démontré que les risques étaient largement sous-estimés dans cette nouvelle version. Ceux-ci n’ayant effectivement pas été réduits par rapport au projet 2010, le PPRT ne protège pas correctement la population.

En réalité des risques d’explosion, d’incendie et d’exposition au chlore concernent l’ensemble du quartier et les instances européennes. Certains sont potentiellement létaux !

Mais les lobbies industriels, aidés par les instances municipales et nationales, considèrent l’accroissement des bénéfices et la réduction des coûts comme plus importants que la sécurité des habitants.

A eux seuls les 4 dépôts du groupe Rubis-Wagram, exploitent 81 réservoirs d’un capacité totale de 380.000 m3. Bolloré exploite 4 bacs de capacité totale de 37.030 m3. Outre les produits pétroliers, certains produits chimiques présentent des dangers importants. C’est notamment le cas du monochlorobenzène, interdit au Canada et en Belgique. Ce produit, est le solvant à près de 50% du Lasso, phytosanitaire pour lequel Monsanto a été condamné aux USA et récemment en France pour empoisonnement à de très fortes amendes.

Lors des transvasements, arrivées et départs, l’évaporation dans l’air et les fuites aussi faibles (ou importantes?) soient elles, polluent l’air que nous respirons. En cas d’incendie de cuvette de rétention les émanations de chlore très dangereuses risquent de se répandre dans le quartier.

Les jardins familiaux à proximité ne peuvent utiliser l’eau puisée dans le sol car polluée par les produits pétroliers et chimiques. Combien de temps va-t-on tolérer cette situation ?

Faut-il vivre avec ces menaces ou peut-on espérer un sursaut de responsabilité de la part d’une future équipe municipale ?

Au premier plan le Port aux pétrole, la Robertsau en fond

Circulation

Le positionnement du port aux pétroles, à l’est de la ville, alors que les voies de communication principales se situent à l’ouest, conduit à un problème de circulation des camions. SES et Wagram sont responsables d’un trafic routier de plus de 2.000.000 m3 par an, soit environ 100.000 camions/an (chiffres 2014) à doubler si on compte les trajets à vide. Comment traverser la ville pour atteindre l’autoroute ? La seule route officiellement autorisée est celle qui du nord au sud traverse le port autonome pour rejoindre le pont Pflimlin au sud, occasionnant un important trajet détour. Le coût est trop important pour les transporteurs, aussi utilisent-ils, en contravention, différentes routes interdites aux poids lourds, voire aux produits dangereux.

La municipalité est complice, le quai Jacoutot où la circulation des camions est interdite a vu ses panneaux d’interdiction enlevés alors que l’arrêté municipal d’interdiction est toujours en vigueur. Espérons que le Maire n’aura pas à répondre de la responsabilité d’un grave accident de la circulation.

Emploi

La municipalité repousse toute idée de déménagement du port aux pétroles au prétexte de l’emploi. Celui-ci concerne moins d’une centaine de personnes. Sans être négligeable il faut le mettre en balance avec les risques encourus par près de 30.000 habitants de la Robertsau et celui des camions de produits dangereux traversant l’EMS. L’activité du port aux pétroles déplacé hors de l’aggloméra- tion pourrait générer une activité au moins équivalente.

Un port de plaisance digne de Strasbourg

Tout un chacun passant par le quai des Alpes peut se rendre compte du tourisme fluvial en croissance (1834 escales en 2017). Les installations d’ac- cueil sont sommaires voire inexistantes en dehors des pontons. Les bateaux ne peuvent être branchés à l’électricité et doivent faire tourner leur groupe électrogène. D’autres appontements ont dû être créés dans le bassin du commerce, les bateaux modernes de 135 mètres ne pouvant pénétrer dans l’écluse nord. 9 compagnies l’utilisent et 278 bateaux y ont pour la première fois fait escale en 2018.

C’est dans ces conditions que la municipalité envisage la création d’un port de plaisance dans le bassin Starlette où les bateaux de 135 mètres n’auront pas accès. Comprenne qui pourra.

Un port de plaisance avec une marina serait un plus pour l’activité de plaisance, mais également pour les Strasbourgeois. Les terrains occupés par le port aux pétroles semblent idéals pour une telle création. Accès direct en pleine eau depuis le Rhin, en bordure de forêt. Quel plus pour Strasbourg.

La Robertsau en 2035

Rêvons ensemble qu’une nouvelle équipe municipale en 2020 comprenne l’intérêt économique et l’attractivité d’un tel projet, en plus de supprimer les risques intolérables du port aux pétroles actuel. • 

Jean Daniel Braun

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