PPRT du port aux pétroles

PPRT du port aux pétroles

Le projet de PPRT du port aux pétroles de Strasbourg a été mis à l’enquête publique du 25 février au 11 avril 2013.

portpétrole (1)Outre le dossier déposé au centre administratif et en mairie de la Robertsau, deux réunions publiques sont venues animer le débat. Celle organisée par l’ADIR à l’Escale le 14 mars et celle organisée par la Commission d’enquête le 21 mars à la salle de la Bourse. 250 à 350 personnes se sont déplacées à chaque fois pour s’informer ou faire entendre leur voix. De nombreuses observations ont été consignées dans les registres mis à disposition en Mairie de quartier.

Analyse

Une fois analysées et synthétisées par les 3 Commissaires enquêteurs, vos observations seront transmises aux services préfectoraux qui doivent y répondre de manière précise. A la lumière de ces réponses, la commission d’enquête émet soit un avis favorable, éventuellement avec des recommandations qui n’engagent pas l’administration, soit avec des réserves que le Préfet doit impérativement lever. Enfin, si l’avis rendu est défavorable, l’État doit revoir le projet.

Capture d’écran 2013-06-10 à 17.42.52Relevons qu’il est dommage que les rédacteurs des observations ne puissent donner aussi leur avis sur la pertinence et la l’objectivité des réponses que les services de l’Etat vont fournir à la Commission d’enquête.

La presse écrite s’est aussi faite l’écho des débats à plusieurs reprises, reprenant les avis des associations, avis qui, bien entendu, divergent souvent de ceux de l’Administration préfectorale. De même, la chaîne France 3 est restée timide, censurant totalement une interview réalisée avec le sous-signé et même l’invitant quelques semaines plus tard à un autre enregistrement, mais oubliant de venir le chercher comme convenu. Il est vrai que nos positions dérangent l’administration.

En attendant les conclusions de l’enquête publique, essayons de faire le point : un premier projet a été pré- senté en 2010, devant conduire au déménagement de 9 entreprises et 3 équipements publics. Un potentiel foncier important pour la Ville (Mélanie/Pourtalès) devenait non constructible.

Ajoutons que le projet de voie Lisière était lui aussi compromis, tout comme que la liaison interports, inscrite au tout récent contrat triennal Etat-CUS signé en décembre 2012, qui doit détourner les nombreux camions et voitures en provenance d’Allemagne vers le Wacken en passant par la Robertsau. Les maisons du lotissement Carpe Haute et le château de Pourtalès nécessitaient des travaux de renforcement. La fermeture du quai Jacoutot à la circulation automobile était programmée, et l’utilisation de l’écluse nord par les bateaux de croisière aurait dû être interdite.

En réalité un ensemble de contraintes très difficiles à accepter … surtout pour la Ville.

C’est pourquoi une étude de faisabilité sur des mesures de sécurité supplémentaires envisageables dans le cadre du PPRT du Port aux pétroles a été lancée en 2011, en vue d’optimiser la réduction des zones de risques technologiques pour libérer des emprises foncières des contraintes du projet de PPRT. Cette étude a été confiée à la Sté TECHNIP, bien que n’étant pas la moins disante…

Le rapport étudie un certain nombre de moyens de maîtrise des risques :

Mesures ou actions retenues :

  • Sécurités sur les bras de charge- ment (détection de mouvements de barge, système PERC)
  • Système de détection et d’isolement de fuite (SIS)
  • Barrages sur le bassin Auberger (barrage à bulles préféré eu barrage flottant)

La réglementation en vigueur, soulignée dans le rapport TECHNIP, est très claire : Ces mesures ne permettent pas d’exclure le risque « feu de nuage 5 min » par le fait que les deux mesures de sécurité (SAM et SIS) reposent toutes les deux sur le même système d’arrêt pompe barge. Le rapport Technip ne pro- pose aucune autre mesure suscep- tible d’exclure certains risques exis- tants. Or par une série d’arrêtés, le préfet ne tient pas compte de ces observations et exclut abusivement ces dangers du PPRT !

L’ADIR a donc porté ce point devant le Tribunal administratif (TA) de Strasbourg. Le préfet ne répond pas sur le fond technique à nos obser- vations et se contente de considéra- tions générales. Le TA jugera le mo- ment venu et nous vous tiendrons informés de sa décision.

Pourtant l’administration décide, pour tenir ses objectifs de rendre à tout prix du foncier constructible, de passer outre à la réglementation et de supprimer plusieurs risques du PPRT pour « libérer des emprises foncières des contraintes du projet » Les explications données par l’ADIR au cours de la réunion du 14 mars étaient claires et non contredites par les élus présents. Les contraintes restantes sont interprétées de manière étonnante par la DREAL, selon les intérêts à défendre. Vous l’avez compris, ce nouveau projet se ferait à moindre coût pour les différents partenaires publics, contrairement à celui présenté en 2010. Il repousse un éventuel déménagement des installations dangereuses à beaucoup plus tard. Pourtant l’explosion récente d’une usine d’engrais au Texas, même si le contexte est différent, rappelle combien les riverains des sites industriels sensibles, du type SEVESO seuil haut, sont soumis à des risques technologiques majeurs.

Capture d’écran 2013-06-10 à 17.44.57Les anomalies du projet présenté sont nombreuses. Par exemple, bien que rétréci par une Administration peu respectueuse des règlements, il stipule pour la circulation sur le Rhin à l’entrée nord du Port autonome de Strasbourg (PAS) : la circulation sur le Rhin et à l’entrée nord du PAS est interdite dans la zone dite « rouge foncé » (R). Les bateaux de- vront lors de leur passage se décaler côté rive droite afin de circuler en zone « bleu foncé » (B2) ou r « rouge clair » Or chaque endroit de la zone r est à minima touché par un aléa correspondant aux effets létaux sur l’homme. La zone B2 est concernée par un niveau d’aléa traduisant un dépassement du seuil correspondant aux effets irréversibles sur l’homme allant jusqu’aux premiers effets létaux.

Le Rhin est entièrement englobé dans ces deux zones au droit du Port aux pétroles. La zone B2 réalise même une incursion dans le port de Kehl, permettant de craindre un effet dangereux domino sur les équipements industriels en cas d’accident chez nous. Mais l’Administration a tracé sa ligne Maginot virtuelle, et déclare que les bateaux devront se décaler côté rive droite, côté Kehl. Imagine-t-elle que le grave danger déclaré rive gauche s’arrête au milieu du Rhin, alors que les études montrent exactement le contraire ? Non, pour l’Administration, la rive droite est allemande, donc le PPRT « français » ne s’y applique pas. Et si, suite à un accident, le personnel et les passagers d’un bateau circulant coté rive droite étaient touchés ? L’Administration française sera-t-elle exonérée, no- nobstant l’interdiction de circula- tion dans ces mêmes zones du coté français ?

L’ADIR ne baisse pas les bras. Soucieuse de défendre les intérêts des habitants de la Robertsau, voir de l’ensemble de l’agglomération qui vient s’oxygéner chez nous en lon- geant le Port aux pétroles, elle attend avec intérêt les décisions de la commission d’enquête et du Tribunal Administratif.

 

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