René Hampé, un grand président nous a quittés.

René Hampé, un grand président nous a quittés.

Le 20 décembre, nous avons appris le décès de René Hampé. L’ADIR tient à lui rendre hommage.

René Hampé à l'assemblée Générale de l'Adir le 17 avril 2015
René Hampé à l’assemblée Générale de l’Adir le 17 avril 2015 © Photo EJ

Il n’est pas arrivé à l’ADIR par hasard, et l’influence et les fonctions qui furent les siennes au sein de l’ADIR sont dans le droit fil d’une vie qu’il a consacrée aux autres. L’on connaît son engagement syndical à ce qui était la Radio Télévision Française et qui allait devenir l’ORTF puis TDF. L’on n’ignore pas non plus son appartenance au Parti Socialiste et sa participation au premier mandat de Catherine Trautmann de 1989 à 1995, en tant que conseiller municipal. Il lui fallait, après cette date, se dévouer à une noble cause et, pour lui, ce fut la défense du quartier de la Robertsau dont il jugeait que l’intégrité était trop souvent mise en péril. Il me faut citer ses propres paroles : « Je suis président de l’ADIR parce que l’implication associative est la continuité logique de mon engagement politique. »

Pour lui, la Robertsau n’était pas le « quartier de nantis » trop souvent brocardé aujourd’hui. Il s’acharnait à rappeler combien la Cité de l’Ill toute proche en était une partie qu’il importait de ne pas négliger, et il aurait bien aimé que notre association y ait son siège pour manifester notre proximité avec les habitants.

Cette ouverture, il sut aussi la prouver par sa détermination à repousser le champ d’intervention de l’ADIR. En effet l’Association de Défense des Intérêts de la Robertsau devint en janvier 2012 l’Association de Défense des Intérêts de la Robertsau, environs et alentours. Ce pléonasme, « environs et alentours », avait un double but : d’une part, il autorisait l’ADIR à agir en dehors des strictes limites du quartier, un juge un peu trop pointilleux nous ayant reproché de dépasser notre périmètre de compétences. D’autre part, il s’agissait de s’extraire du caractère insulaire de la Robertsau, et il fallait signifier que la majorité des dossiers qui nous occupaient concernaient non seulement notre quartier, mais la ville et même ce que l’on nomme aujourd’hui l’Eurométropole.

Mais son engagement allait au-delà de l’ADIR. A Alsace Nature, René était membre du Comité Directeur du Bas-Rhin, mais aussi de celui de la région Alsace. A l’Association du Parc Naturel Urbain présidé par son ami André Ehret, il assurait les fonctions de Secrétaire Général. Il a été également l’un des premiers à manifester une attention soutenue au patrimoine de la Robertsau, au point de contribuer à la création de l’association Patrimoine et Modernité à la pointe, avec son président Philippe Léonelli, de la préservation du centre de la Robertsau.

Il participait aux réunions des commissions du SPPPI, le Secrétariat Permanent pour la Prévention des Risques Industriels. Il formait avec son vieux complice Jean-Daniel Braun un duo qui savait se faire écouter même au-delà de nos frontières, puisque leur pratique de la langue allemande et leur connaissance des dossiers transfrontaliers en faisaient des partenaires actifs au sein de la Bürgerinitiativ de Kehl.

Sa physionomie était le reflet de son caractère. Une barbe et une moustache blanches bien taillées,, un regard vif et pénétrant sous des cheveux en bataille. Toujours attentif à être présent dès le début d’une réunion, il entendait ne pas en perdre la moindre bribe pour pouvoir intervenir à bon escient dès que l’occasion s’en présenterait. Et il est vrai que nous ne sommes pas près d’oublier sa voix timbrée et énergique quand il soutenait dans une discussion les opinions ou les idées qu’il estimait justes. S’il prétendait ces dernières années se sentir un peu diminué, en particulier pour se déplacer, le vieux lion conservait l’esprit vif et savait encore mordre. Combien de fois n’a-t-il pas été qualifié d’ « excessif » ? Pourtant ce furent souvent ceux-là mêmes qui lui avaient adressé ce reproche qui, quelques mois ou quelques années après, reconnaissaient que René avait eu raison bien avant les autres.

Je terminerai mon propos par ce que j’appellerai la mission que s’était fixée René. En effet il consacrait à ses engagements associatifs toutes ses facultés, toute son influence, toute sa vie. Il partageait cette sensibilité et cette passion avec son épouse Jacqueline, Trésorière de notre association, dont l’implication était à la hauteur de celle de son mari. Il mettait sa puissance de travail au service du quartier, il avait accepté d’y consacrer le plus clair de son temps, aussi entendait-il y avoir sa part.

Il avait compris que, dans un gouvernement démocratique, le peuple doit participer tout entier et en connaissance de cause, à la direction des affaires publiques. Il était normal qu’il y prenne toute sa place parce qu’il y avait toute sa place. Comme René maîtrisait parfaitement les dossiers et que, de plus, son opinion, très réfléchie, était le résultat d’un raisonnement dégagé de tout préjugé, il avait fondé beaucoup d’espoir dans le Conseil de Quartier. Malheureusement le projet d’éco-quartier à la proximité de Pourtalès allait démentir ses attentes, et il lui arrivait fréquemment de confier sa déception sur la démocratie participative telle qu’elle avait été appliquée sur ce dossier.

En revanche il n’était pas peu fier d’avoir été à l’origine du collectif d’associations qui avait obtenu la suppression du projet de forage de géothermie profonde au port aux Pétroles. Enfin, dernier dossier dans lequel il s’investissait il y a encore quelques semaines de cela, le Foyer Saint Louis. Il ne ratait aucune des réunions du collectif Un cœur pour la Robertsau et s’enthousiasmait à l’idée de pouvoir contribuer à un aménagement fonctionnel et accueillant au centre de notre quartier.

Je conclurai en rappelant l’affection que nous lui portions au sein du comité de l’ADIR. Nous avions déjà été très affectés, en juillet dernier, par la disparition de Rinaldo Locatelli, notre cher Secrétaire Adjoint. Nous ne nous doutions pas que l’année 2015 se signalerait de manière aussi néfaste dans l’histoire de notre association. Cependant, je puis affirmer que tous deux n’auraient souhaité qu’une chose, que nous continuions dans la même voie.

Il a vécu et il est mort fidèle à ses convictions et à ses certitudes. Je voulais aussi apporter ici l’expression de ma propre tristesse. Sa modestie, son désir de bien faire, de ne jamais abandonner un dossier, l’avaient placé très haut dans mon estime. Il reste pour moi un modèle et je m’autoriserais à affirmer, qu’à l’instar de Raymond Félix et d’Edgar Ehrmann, il a été un grand Président de l’ADIR.

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